Sommaire
Vous vous demandez comment se passent les congés en intérim ? Entre l’indemnité compensatrice, le calcul des droits et les congés familiaux, les règles diffèrent sensiblement d’un CDI classique.
Comprendre les congés en intérim
Contrairement aux idées reçues, les salariés en intérim bénéficient des mêmes droits fondamentaux aux congés payés que les autres salariés. La différence réside dans la forme : plutôt que de poser des jours de repos, l’intérimaire reçoit le plus souvent une indemnité financière versée en fin de mission, directement sur son bulletin de paie.

Acquérir ses congés payés en intérim
Tout intérimaire a droit à 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 5 semaines de congés sur une année complète, c’est-à-dire 30 jours ouvrables. La période de référence habituelle court du 1er juin au 31 mai suivant. Il suffit de 48 semaines de présence pour acquérir la totalité des droits légaux, quatre semaines d’absence ne les réduisent donc pas automatiquement.
Les droits sont proportionnels au temps réellement travaillé : une mission courte ouvre droit à une fraction de ces jours. Si le calcul aboutit à un nombre décimal, il est arrondi à l’entier supérieur, en faveur du salarié. Ainsi, 23,75 jours de congés deviennent automatiquement 24 jours. Ces protections légales, applicables aux missions d’intérim quelle que soit leur durée, ne peuvent pas être supprimées. Les congés pour événements familiaux en intérim sont également payés par l’agence d’intérim, sans condition d’ancienneté, dès lors que l’événement survient pendant la mission.
Calculer l’ICCP de l’intérimaire
Le calcul des congés en intérim ne prend pas la forme de jours à poser : l’intérimaire perçoit une indemnité compensatrice de congés (ICCP) sur son dernier bulletin de salaire. Pour le calcul des congés payés en intérim, la loi impose que cette indemnité ne soit jamais inférieure à 10 % de la rémunération brute totale de la mission, indemnité de fin de mission incluse.
- Règle du dixième : l’ICCP est égale à 10 % de la rémunération brute totale, méthode simple et la plus couramment appliquée en travail temporaire.
- Maintien de salaire : l’employeur reconstitue le salaire théorique que l’intérimaire aurait perçu pendant ses congés, si cette méthode s’avère plus favorable.
- Assiette de calcul : le salaire de base, les heures supplémentaires, certaines primes, les commissions, le 13e mois et l’IFM entrent dans le calcul ; les frais professionnels et primes de fin d’année en sont exclus.
- Choix de la méthode : l’employeur est légalement tenu de retenir la formule la plus favorable au salarié entre ces deux options.
L’indemnité de fin de mission (IFM) représente elle aussi 10 % de la rémunération brute totale. Combinée à l’ICCP, elle peut porter la rémunération globale d’un intérimaire à plus de 20 % au-dessus de celle d’un salarié en CDI occupant un poste équivalent. Ces deux indemnités figurent obligatoirement sur le bulletin final et sur le reçu pour solde de tout compte.
| Indemnité | Taux | Assiette | Versement |
| ICCP | 10 % minimum | Rémunération brute + IFM | Dernier bulletin de mission |
| IFM | 10 % | Rémunération brute totale | Dernier bulletin de mission |
| ICCP + IFM | +20 % vs CDI | Cumul des deux assiettes | Solde de tout compte |
Prendre des vacances pendant une mission
Peut-on prendre des jours de vacances pendant une mission d’intérim ? Oui, c’est possible, notamment lors de missions longues ou dans le cadre d’un CDI intérimaire, mais cela reste rare. La demande doit être acceptée à la fois par l’agence d’intérim et par l’entreprise utilisatrice qui accueille le salarié. Sans ce double accord, la pause ne peut pas être accordée.
Si vous posez des jours pendant votre mission, ils sont déduits directement de votre salaire et viennent réduire l’ICCP qui aurait été versée en fin de contrat. En CDI intérimaire, les règles se rapprochent de celles d’un CDI classique : les semaines de congés payés peuvent être prises sous forme de repos réel, et l’ICCP n’est alors pas versée en fin de période. Les fériés payés obéissent également aux règles de l’entreprise utilisatrice, à l’exception du 1er mai, seul jour chômé et payé de façon inconditionnelle pour tous.
Congés pour événements familiaux en intérim
Les intérimaires bénéficient de congés exceptionnels pour événements familiaux sans aucune condition d’ancienneté, à condition que l’événement survienne pendant la mission. Le salaire est intégralement maintenu sur présentation d’un justificatif. Ces jours de congés peuvent être pris quelques jours avant ou après l’événement concerné.
- Naissance ou adoption : 3 jours ouvrés, accordés sans délai de carence dès présentation du document officiel.
- Mariage ou Pacs : 4 jours ouvrés pour le salarié lui-même, 1 jour ouvré pour le mariage d’un enfant.
- Décès d’un enfant : 5 jours ouvrés, portés à 7 jours ouvrés si l’enfant avait moins de 25 ans ou était à charge.
Pour un décès du conjoint, concubin, partenaire, parent, frère ou sœur, le droit est fixé à 3 jours ouvrés. Si vous traversez une fin de mission difficile, consultez également notre guide sur les droits des intérimaires en arrêt maladie pour connaître vos indemnités et démarches.
Foire aux questions
Peut-on prendre des congés payés en intérim sous forme de jours de repos ?
Oui, c’est possible, mais rare. En intérim, les congés payés sont le plus souvent versés sous forme d’indemnité compensatrice de congés (ICCP) en fin de mission plutôt que pris en jours de repos. Prendre des jours de congés pendant une mission nécessite l’accord simultané de votre agence d’intérim et de l’entreprise utilisatrice. En CDI intérimaire, la prise de congés réels est en revanche organisée comme dans un CDI classique, sans versement de l’ICCP en fin de période.
Comment se calcule l’indemnité compensatrice de congés payés en intérim ?
Le calcul des congés payés repose sur deux méthodes : la règle du dixième, qui fixe l’ICCP à 10 % de la rémunération brute totale de la mission, et le maintien de salaire, qui reconstitue ce que vous auriez perçu pendant vos congés. L’employeur est obligé de retenir la méthode la plus favorable au salarié. L’assiette inclut le salaire de base, les heures supplémentaires, certaines primes et l’indemnité de fin de mission, mais exclut les frais professionnels.
Quand l’ICCP et l’IFM sont-elles versées ?
Les deux indemnités sont versées en même temps que le dernier salaire de la mission et doivent obligatoirement figurer sur le bulletin de paie final ainsi que sur le reçu pour solde de tout compte. L’IFM n’est pas due en cas de rupture anticipée à l’initiative du salarié, de faute grave ou d’embauche immédiate en CDI par l’entreprise utilisatrice. L’ICCP, elle, reste toujours due à la fin de chaque contrat de mission, quelle qu’en soit la cause de fin.
Combien de jours de congés payés acquiert-on en intérim ?
Chaque mois de travail effectif génère un droit à 2,5 jours ouvrables de congés payés en intérim, soit un plafond légal de 30 jours ouvrables sur une période de référence complète allant du 1er juin au 31 mai suivant. Une présence de 48 semaines suffit à atteindre ce plafond. Les résultats décimaux sont systématiquement arrondis à l’entier supérieur, toujours en faveur du salarié. Les missions courtes ouvrent droit à une fraction proportionnelle.
Les intérimaires ont-ils les mêmes droits aux congés familiaux que les autres salariés ?
Oui, les intérimaires bénéficient des mêmes droits aux congés exceptionnels pour événements familiaux que les salariés en CDI, sans condition d’ancienneté. Naissance ou adoption : 3 jours ouvrés ; mariage ou Pacs : 4 jours ouvrés ; décès d’un enfant : jusqu’à 7 jours ouvrés selon la situation. Le salaire est maintenu pendant ces absences sur présentation d’un justificatif. Ces jours peuvent être pris quelques jours avant ou après l’événement.
